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GRISOÛ LOU GAT

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GRISOU LOU GAT EN VERSION AUDIO ET AVEC LE TEXTE BILINGUE

Durée 4 minutes 51 secondes

GRISOÛ LOU GAT

Que souy badut en û endrét endoustat de tout, tranquìlẹ. Lou mé pay qu’ère û gatas saubàdyẹ, que seri poudut esta û mangouniè coum éth ou coum la mée may, ûe courrière, qui n’abè pas nat téyt oun ana. Urousamén enta you n’éy pas estat lou cas. Qu’èrem quoàtẹ héns la couade. Û cop drin granots e que la may abou lou braguè eschuc que calou ana-s coélhẹ la bioque per aci ou per aquiu. Lous rays que-m abèn dechat la mechante poupe, ço qui hè qu’èri û coanit… Que-m troubàbi à l’estrét héns la tute oun èrem, e û die que descidèy d’ana bédẹ aulhou, àutẹs causes, àutẹ moùndẹ. Arribat sus la carrère nou sàbi pas de quin coustat bira-m. Lou die qu’ère lusén qu’èri tout urous de-m trouba soul. Au cap d’û moumén qu’abouy hàmi. Que ha ? Qu’èri perdut e que-m demandàbi si n’abéri pas hèyt miélhẹ de-m demoura héns lou hourat en familhe. Més per escadénce la hade dous gats que belhabe sus you. Ûe grane bèsti qui-s trouba esta û câ, que-m aydè à-m descida. Qu’esté ûe bère courrude ûe bère pòu tabé. À la birade dou camî ûe pourtalade qu’ère ubèrte, qu’esté la mée saubadoure. Que-m troubèy deban ûe maysoû qui-m agradabe prou plâ. E perqué pas demoura-m aci ce-m digouy ? Sus la parguie lou Mèstẹ e la Daune de la maysoû que-s prouseyaben asseduts à taule en minya. Qu’èri drin créntiu, ne sàbi pas ço qui anabe arriba. Alabéts tout dous, bìstẹ à l’estuyòu debath la taule. Que y abè quàuquẹs eschays de hartère per tèrre qu’estén plâ bienguts, qu’èri mourt de hàmi. Quoan me bin, que sabouy que n’ère pas you qui atendèn.

  • Qu’éy ço qu’éy aquéste auyàmi ? Doun bién aquéste gatoû magrichot atau ? Ne manqueré pas méy que ûgn-àutẹ gat aciu ! Que-n y a deya dus, que-n y a prou atau. Fou-t me lou cam tourne-te-n doun biéns.

Que-m hasouy tout petitét e la taule estrussade, que segui la Daune héns la cousine e à l’estuyòu debath û mùblẹ, sustout nou pas paréchẹ ni ha puchèu. Lous eschays amassats per tèrre que-m abèn goarit de la hàmi, que poudi aténdẹ. Ne gausàbi pas amucha-m. Lou brespau que passè atau.

Pas loégn de you qu’y abè ûe siéte plée de hartère oun lous gats de la maysoû e bienèn minya. Quoan n’èren pas aquiu que-m serbìbi. Qu’ère boune aquére minyance, quin plasé ! Quin calè ana-se-n d’aci, e oun ana ? Que-m souy hèyt tout petit héns û coégn ! Que bederam bién. Qu’èri trop plâ m’estouneré que durèsse ! Que-m adroumi sus aquéres pensades e ne durè pas. Quoan la daune e-m tournè bédẹ qu’esté bìstẹ hèyt, ne y (n’y) bedouy pas arré e que-m troubèy dehore. Esbariat que cerquèy û estuyòu. Qu’abi ahide à la hade. Û cop de méy que belhabe sus you. Lou hat que hé que lous maynàdyẹs qui èren en bacances à la maysoû que-m bedoun.

  • Mamie, mamie, qu’abèm troubat û gat. Qu’éy beroy, tout petit, n’arrèste pas de rounrouna. Qu’ou cau goarda. Qu’ou bam balha de qué minya.

  • E qu’éy toustém aquiu aquéth gat ? Ne-n bouy pas que-n y a prou de dus !

Que soun lous dròllẹs qui an gagnat. La mamie qui a boû co, n’a pas sabut dìsẹ noû ! Las bacances acabades, lous dròllẹs que soun tournats parti e you que souy debiengut lou mèstẹ à la maysoû. Quine escadénce èy abut aquéth die !

Que m’an batiat « Grisoû ». Qu’enténi dìsẹ que souy hère beroy gris plapat négrẹ. Enta you tout que ba plâ. Û téms la daune que m’a supourtat adare que-m ayme, que-m arribe de passa ûe soerade s’ou soû hautot, que sèy ha ço qui cau, que souy hère amistous dap ére que-m fréti à las soûes cames, que rounroùni tan qui pouch. Cops qui a que-m dits :

  • Tire-t dou puchèu !

Hardèu de dies que soun passats. Que-m tròbi plâ e que souy tranquìlẹ enta l’ibèr qui arribe. Si nou souy pas aquiu la daune que-m apère, si n’arrìbi pas prou bìstẹ que-s hè machan sanc.

Qu’a cambiat despuch lou die oun souy arribat. Mercès à la hade dous gats.

SYLVIANE

Les auteurs des textes écrits en langue béarnaise publiés par l’Institut Béarnais et Gascon, déclarent s’opposer sans aucune limitation de durée et sans aucune exception, en France et à l’étranger, à toute transposition ou adaptation de leurs œuvres. Ils demandent, au vu du droit moral de l’auteur (art. L.121-1 et 2 du Code de la Propriété Intellectuelle), la préservation de la graphie ou orthographe choisie par l’auteur.

https://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do?cidTexte=LEGITEXT000006069414

GRISOU le CHAT (version traduite en français)

Je suis né dans un endroit abrité de tout, tranquille. Mon père était un gros chat sauvage. J’aurais pu être un vagabond comme lui, ou comme ma mère, une coureuse qui n’avait aucun toit où aller. Heureusement pour moi ça n’a pas été le cas. Nous étions quatre dans la couvée. Après mon sevrage, il fallut chercher la nourriture par ci par là. Mes frères m’avaient laissé la mauvaise tétine, ce qui fait que j’étais peu développé… Je me trouvais à l’étroit dans la tanière où nous étions et un jour j’ai décidé d’aller voir ailleurs, autres choses, autre monde. Arrivé sur le chemin je ne savais pas de quel côté me tourner. Le soleil brillait, j’étais tout heureux de me trouver seul. Au bout d’un moment j’eus faim, que faire ? J’étais perdu et je me demandais si je n’aurais pas mieux fait de rester dans la tanière en famille. Mais par chance la fée des chats veillait sur moi. Une grande bête qui se trouvait être un chien m’aida à me décider. Ce fut une belle course et une belle peur aussi. À la tournée du chemin un portail était ouvert qui fut mon sauveur. Je me suis retrouvé devant une maison qui me plaisait assez bien. Pourquoi ne pas rester ici me dis-je ? Dans la cour le patron et la patronne de la maison bavardaient assis à table en mangeant. J’étais craintif ne sachant pas ce qui allait arriver. Alors tout doucement vite caché sous la table. Il y avait par terre quelques restes du manger qui furent les bienvenus, j’étais mort de faim. Quand ils me virent je sus que ce n’était pas moi qu’ils attendaient.

  • Qu’est-ce que c’est cette bestiole ? D’où vient ce chaton maigrichon comme ça ? Il ne manquerait plus qu’un autre chat ici !!! Il y en a déjà deux il y en a assez comme ça. Vas-t’en d’ici retourne d’où tu viens.

Je me suis fait tout petit et, la table rangée, j’ai suivi la patronne dans la cuisine et me suis caché sous un meuble. Surtout ne pas paraître ni gêner. Les restes ramassés par terre m’avaient guéri de la faim, je pouvais attendre. Je n’osais pas me montrer. L’après-midi a passé comme ça.

Pas loin de moi il y avait une assiette remplie de nourriture pour les chats de la maison où ils venaient manger. Quand ils n’étaient pas là je me servais. Elle était bonne cette nourriture, quel plaisir ! Comment fallait-il quitter ce lieu et où aller ? Je me suis fait tout petit dans un coin. Nous verrons bien. J’étais trop bien, ça ne pouvait pas durer. Je me suis endormi sur ces pensées, en effet ça n’a pas duré. Quand la patronne m’a revu ça a été vite fait. Je n’y ai rien vu et je me suis retrouvé dehors. Affolé j’ai cherché une cachette. J’avais espoir en ma fée. Une fois de plus elle veillait sur moi. La destinée a voulu que les enfants en vacances à la maison m’ont vu.

  • Mamie, mamie nous avons trouvé un chat. Il est joli, tout petit, il n’arrête pas de ronronner. Il faut le garder. Nous allons lui donner à manger.

  • Et il est toujours là ce chat ? Je n’en veux pas, il y en a assez de deux !

Ce sont les enfants qui ont gagné. Mamie qui a bon cœur n’a pas su dire non ! Les vacances terminées les enfants sont repartis, je suis devenu le patron à la maison. Quelle chance j’ai eue ce jour là !

On m’a baptisé « GRISOU ». J’entends dire que je suis très joli, gris tacheté de noir. Pour moi tout va bien. Un temps la patronne m’a supporté maintenant elle m’aime. Il m’arrive de passer la soirée sur ces genoux. Je sais faire ce qu’il faut, tendre avec elle, je me frotte à ses jambes en ronronnant tant que je peux. Des fois elle me dit :

  • Débarrasse le plancher !!!

Beaucoup de jours ont passé. Je me trouve bien et suis tranquille pour l’hiver qui arrive. Si je ne suis pas là, la patronne m’appelle. Si je n’arrive pas assez vite; elle se fait du mauvais sang. Cela a changé depuis le jour où je suis arrivé. Merci à la fée des chats.

SYLVIANE

https://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do?cidTexte=LEGITEXT000006069414

Le texte et l’enregistrement sont tirés du lIvre Escriuts biarnés de Soubèstre TOME II paru en novembre 2016 et toujours disponible auprès de l’IBG. 32 textes bilingue+version audio au pris de 14 euros (hors frais d’envoi).

 

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Un commentaire

  1. Ua beròja istòria, escriuda dens ua lenga plan rica…
    Que soi aimador de gats e que n’èi un de gris a casa…